L'AI Act européen est entré en vigueur le 1er août 2024. Le calendrier de mise en œuvre est échelonné : les pratiques d'IA interdites sont devenues exécutoires en février 2025. Les obligations relatives aux modèles d'IA à usage général (GPAI) ont pris effet en août 2025. Le chapitre le plus substantiel, les obligations pour les systèmes d'IA à haut risque visés à l'annexe III, est désormais applicable le 2 décembre 2027, reporté du 2 août 2026 par le Digital Omnibus sur l'IA (accord du 7 mai 2026, endossé par le Parlement européen le 16 juin 2026 ; adoption formelle du Conseil en attente), les obligations préparatoires demeurant actives. À noter : les obligations de transparence de l'article 50 restent au calendrier d'origine du 2 août 2026.
Les systèmes à haut risque de l'annexe III comprennent l'IA utilisée dans : les infrastructures critiques, l'éducation, l'emploi et la gestion de la main-d'œuvre, l'accès aux services privés essentiels (crédit, assurance), les forces de l'ordre, la migration et l'administration de la justice. Les obligations sont substantielles : évaluations de conformité, documentation technique, mesures de supervision humaine, normes d'exactitude et de robustesse, et enregistrement dans la base de données européenne des systèmes d'IA avant le déploiement.
La portée extraterritoriale de l'AI Act est sans ambiguïté : tout fournisseur ou déployeur dont la sortie du système d'IA est utilisée au sein de l'UE est assujetti, sans égard au lieu d'établissement du fournisseur. Les institutions financières, les assureurs et les entreprises SaaS canadiennes qui servent des entreprises ou des particuliers établis dans l'UE sont visés si leurs systèmes entrent dans les catégories de l'annexe III. Ce n'est pas théorique, c'est déjà actif pour plusieurs organisations canadiennes.
Ce que cela signifie pour votre organisation
Ce n'est pas une échéance confortable pour un départ à froid, même au 2 décembre 2027. Une évaluation de conformité pour un système d'IA à haut risque, incluant la documentation technique, une évaluation d'impact sur les droits fondamentaux et une conception de la supervision humaine, prend plusieurs mois à compléter correctement. Les organisations qui commencent maintenant restent dans un délai viable. Celles qui attendent comprimeront un sprint de conformité européen par-dessus le travail qu'exigent déjà la Loi 25 et OSFI E-23.